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Le Hanbok s'ouvre au monde. Il faut montrer ce dont on est fier. -avec Jennifer Malahel-


-Entretien avec Jennifer Malahel-


"Originaire de la Guadeloupe et actuellement agent territorial spécialisé en école maternelle à Cergy, je suis très imprégnée par la culture coréenne depuis ma découverte des K-dramas en 2010. J'y ai été initiée grâce au drama 'Boys over flowers' introduit alors par ma soeur. J'ai fréquenté également des restaurants coréens parisiens, premièrement Guibine, rue Sainte Anne, et d'autres aux alentours, découvrant avec délices le Budae Tchigae ou le Gopchang jeongol, plats similaires créoles.

Par la suite j'ai pu voyager en Corée, découvrir ce si beau pays et ressentir ses différentes richesses. La passion que je porte depuis bientôt 11 ans au “Pays du matin calme” est liée à la culture et la tradition, surtout à celle du Hanbok, l'habit traditionnel coréen dont j'avais aperçu la beauté à travers les dramas historiques. J'ai de suite admiré la beauté de cet habit."



Park Noona (Jennifer Malahel, 36 ans)

designer 'Hanbok' robe traditionnelle coréenne

Instagram : moonart971

S'émanciper d'une féminité stéréotypée et libérer des songe-creux les jeunes filles qui vivent à travers la téléréalité.

- Par A. Rina -


D'autres images, événementielles et festives, de jeunes filles issues du melting-pot multiculturel peuvent devenir sources d'un imaginaire nouveau et de libertés premières. Ainsi, la Chima, jupe longue de hanbok, qui émancipe la fesse et la libère des étroites jupes à l'occidentale, est un vêtement mieux adapté aux mouvements comme à l'environnement.

Alors qu'afficher ses seins semble aujourd'hui la réserve glamour des snobs, dans un univers multisexualisé le partage d'images intimes par la foule de classes moyennes massives célèbre en quelque sorte l'arrière du décor. Travaillant à domicile comme à la plage, de jeunes libératrices d'artéfacts intellectuels, instagrammeuses en vidéoconférence, partagent avec joie des images de Venus d'abondance et autres Bonheurs du Grand Sud aux couleurs naturelles et festives. Naît un nouveau langage universel, connecté, en ligne, zoom, tic toc, instagram…


Alors qu'elle était dans sa soixante-quatorzième année, Maria Abramovic, après avoir fait tourner 5 mois durant sa performance ‘7 Deaths of Maria Callas’, hommage à la soprano, a conté la beauté d'une chamane qu'elle avait rencontrée et admirée au Brésil, une femme imposante aux hanches voluptueuses, disant d'elle : « J'ai compris une chose fondamentale : le corps parfait n'existe que par ce qu'il irradie de l'intérieur. »

Yseult au corps lyrique et Aya Nakamura, la Pop Queen française sont des armes de séduction massive venant du hip-hop. Ces militantes de la séduction fessière font revivre la mémoire passionnée de la salsa brésilienne des années quatre-vingt-dix. La séduction est fesse assumée Botero coloriée au Global Sud.

La Femme 'Botero'
Le Madras a fait son apparition aux Antilles lors de l'abolition de l'esclavage en 1848.

'Mes patchworks aux coloris et motifs issus de Guadeloupe s'inspirent du Dancheong, un travail de laque qui en Corée protège les architectures traditionnelles en bois de la pluie, du vent et des parasites : rouges les piliers extérieurs, verts le plafond et l'intérieur de l'avant-toit, colorées de motifs mélangeant les cinq couleurs bleu, blanc, rouge, noir et jaune, les extrémités et les coins' déclare Jennifer.


Ônomad : Quel tissu avez-vous utilisé pour confectionner votre hanbok ?


Jennifer Malahel : Le tissu madras est né au 17e siècle et a été importé par les

indiens. Il est bien plus qu'un matériau, il est associé à une histoire, une culture. Ce tissu était fabriqué à partir de fils de bananiers teints mélangé à du coton. Aux Antilles par la colonisation, le tissu s'est peu à peu démocratisé en touchant d'abord les femmes blanches , puis les femmes noires : il était arboré lors de grandes occasions. Porté dans les Antilles et en Guyane, il fait partie de ces nombreux textiles porteurs d'un héritage

culturel et qui traversent les époques et les frontières.


Ô : Comment avez-vous songé à ce Hanbok revisité ?


JM : Lors de mes voyages en Corée du Sud et lors d'événements à Paris, j'ai eu

l'occasion d'essayer de très beaux hanboks, j'étais donc enthousiaste à l'idée

d'avoir mon propre hanbok en France. A mon retour de voyage, j'ai contacté une

styliste Ayden, présentatrice TV afro antillaise qui a sa marque Glam Ethnik mais

qui n'est pas familiarisée avec la Corée du Sud. En suivant mes recommandations,

Ayden a su confectionner mon hanbok en le modernisant et en incorporant le tissu

madras des Antilles, une touche qui rappelle d'où je viens. C'est ainsi que j'ai revisité le hanbok traditionnel.


Ô : Quel est l'apport d'autres cultures dans ce tissu ?


JM : Le madras est un tissu importé d'Inde dont l'Asie du Sud. Nous avons des

indiens chez nous qui nous ont apporté cette richesse : un tissu et certains plats comme 'le colombo'. Il est temps de faire connaître ce tissu.


Ô : Quel a été le moteur de votre démarche ?


JM : La visite du palais Gyeongbokgoong de Séoul m'a imposée une image splendide de la Corée et les hanboks qui y circulaient étaient magnifiques. Alors j'aimais l'idée de créer mon hanbok avec mes propres couleurs, mais je ne savais pas si je le ferais confectionner à Séoul.





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